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"Arrêt du CONSEIL D’ETAT du 11 juillet 2012"
Arrêt du CONSEIL D'ETAT du 11 juillet 2012, suite...

Les billets d’humeur de Philippe DESSEMOND

Le billet d’humeur de Philippe DESSEMOND de janvier 2012

Cette période de vœux traditionnels avant une année toute neuve est, d’habitude, un mélange de conformisme et d’improbables espérances. C’est comme le lever du soleil un matin d’été (si l’on est du matin !)

Aux heures où tout dormait, j’aimais filer sur les routes désertes, partir visiter de lointains clients, ou simplement me griser de virages sur une route de montagne, voie en prime les rayons su soleil levant filtrés par les sapins encore noirs, en haut du col.

Le monde paraissait neuf, propre et frais, rien qu’à moi, plein de vagues promesses qui me rendaient léger.

Même à ces heures dites indues, l’automobile laisse toujours espérer une rencontre singulière. J’ai ainsi pu regarder une marmotte dans les yeux !

Une autre fois, sur une petite route empruntée par le rallye du var, pas loin de St Tropez, je grimpais bon train au volant d’une Alpine, intrigué par le tonnerre d’une Porsche que je ne parvenais guère à rattraper. Mais elle venait de stopper, son pilote admirait la vue. Curieux d’une mécanique aussi extravertie, aussi bien menée, je m’approchais et lui dis : « vous faites une belle musique ! »

Le comique de cette entrée en matière me sauta à la figure lorsque l’inconnu se tourna vers moi : c’était le chef H. Von Karajan, oublieux de son aura de star, simple membre de la confrérie des conducteurs sportifs.

Il me raconta volontiers qu’invité par Porsche à essayer la nouvelle Turbo, il avait reproché aux ingénieurs stupéfaits son poids excessif pour une auto sportive !

L’usine lui avait alors concocté une version allégée, convenant à un puriste : le chef n’aimait pas la pesanteur.

Mais ce qui m’avait le plus plu était d’entendre qu’il avait dû essayer plusieurs échappements différents avant d’obtenir celui qui chantait juste, pour lui qui avait « l’oreille absolue »

Aujourd’hui encore, la musique d’un beau moteur me touche au cœur aussi fort que Chopin ou Verdi. Je recherche l’échappement le mieux accordé à chaque moteur, sachant que ces crescendo se payent fort cher, mais qu’ils expriment un élan vital flamboyant essentiel à mon âme : une bonne auto c’est sensuel !

Ce devait être autour de 1975, on commençait à parler de limitations et de radars, et Karajan déplorait cette tendance ; question de rythme, disait-il, conduire vite et bien évite au cerveau de se ramollir, oblige à anticiper, à regarder loin, à se projeter en avant de soi-même.

La lenteur c’est la médiocrité. Ce n’est pas tant la vitesse qui importe, que la rapidité, le rythme. Mais le Français n’est pas musicien....

Un peu vexé par cette évidence, je crus bon de lui rappeler que c’était bien un écrivain français qui avait su le mieux écrire sur le caractère sacré de la musique par rapport à tous les autres arts, espérant peut-être l’étonner.

Mais ce diable d’homme-orchestre connaissait Proust mieux que moi, alors que j’aurais été bien incapable de citer une ligne de Goethe...

Sans le miracle de la liberté automobile, je n’aurais jamais parlé librement à Karajan, de sport automobile, de musique ou de littérature, sur le bord d’une route de montagne. Il haïssait les mondanités, les villes, et considérait qu’être plus de six à un déjeuner était une hérésie !

Je revois encore sa tonitruante machine grise à bandes bleues et rouges me jouer du Wagner par ses échappements alors qu’il attaquait à fond la descente vers St Tropez, vers son voilier de 24 mètres qu’il barrait en régates.

Chacun de nous a sa madeleine de Proust. La mienne c’est le ronflement puissant d’un moteur qui se transcende en musique, et me rappelle que l’automobile était liberté, aventure, perfectionnisme, alors qu’on la voudrait aujourd’hui une inquiète procession de (présumés) délinquants routiers en liberté surveillée...

Pas étonnant que le Français se dégoûte de l’automobile. On s’apercevra, un peu trop tard, qu’il ne faut pas tuer la part de rêve, et à quel point l’économie du pays va souffrir de cette méchante croisade ; alors que la voiture rapide fait les choux gras du voisin germanique.

Allez, bonne année tout de même !

Philippe DESSEMOND

27 décembre 2011

SAINT-CEZAIRE SUR SIAGNE

Le billet d’humeur de Philippe DESSEMOND de février 2012

Diplômés ?

Toute société édicte ses lois, elles sont nécessaires à la vie en commun. La plupart découle de la morale, du bon sens.

Il en est d’autres qui sont des lois conjoncturelles, et génèrent parfois des abus, des déviances, des effets pervers. Dont le moindre n’est pas de rendre la loi moins respectable dans l’esprit des citoyens.

Prenons l’exemple du permis de conduire, qui est remis après une formation sanctionnée par un examen : il s’agit donc d’un diplôme.

Ce qui rend son cas unique, c’est qu’il peut être retiré, voire annulé, en raison d’un barème qui peut se contenter d’additionner des erreurs mineures, dont les pénalités ont été fixées arbitrairement.

Or chacun sait que l’erreur est humaine, que l’on sorte d’une grande école ou seulement du Bac.

Va-t-on pour autant retirer ces diplômes à leurs titulaires ou les annuler ? A un médecin pour une petite erreur de diagnostic, un architecte dont la construction se fissure, un juge pour une erreur judiciaire ?

Bien sûr que non !

Ce traitement particulier qui menace tout conducteur d’être qualifié de délinquant, il est réservé à l’automobiliste.

On pourra de surcroît lui infliger une peine de plusieurs mois avec interdiction de pratiquer.

Est-elle supposée améliorer ses compétences ? Non.

Il ne s’agit que d’une punition, dépourvue de tout effet pédagogique, en faisant au besoin voter par des députés dociles une loi spécifique.

C’est ainsi qu’après qu’un tribunal ait relaxé un conducteur ayant roulé à quelques 180km/h sur une autoroute déserte, au chef qu’il n’avait pu mettre aucune vie en danger, la loi a été modifiée pour faire de cette vitesse un délit, assorti de la saisie de votre véhicule (à mon avis un vol légalisé)

Peu importe que l’on commence à réaliser que la drogue et l’alcool « valent » 30% des accidents, que la somnolence est le plus souvent provoquée par l’effet hypnotique de la conduite monotone à des allures d’avant-guerre sur des routes modernes avec des voitures modernes....en scrutant le compteur plutôt que la route.

Remarque en passant, en plus de trois millions de kilomètres, je n’ai subi que deux contrôles d’alcoolémie, mais d’innombrables contrôles de vitesse. J’y vois un terrible aveu...d’hypocrisie parmi beaucoup d’autres : interdire de téléphoner, d’accord, capte l’attention. Mais alors plus de radio, plus d’écran GPS, plus de passagers bavards, plus d’enfants à bord ?

Nous ne défendons pas, bien entendu, les vrais « dangereux », ceux qui ont bu, pris des drogues, qui brûlent stops ou feux rouges, qui dépassent sans visibilité, qui vont vite là où le bon sens l’interdit.

Nous défendons en revanche un conducteur qui adapte son allure aux conditions de route, qui anticipe, regarde loin, qui guette en permanence les pièges de la route plutôt que son compteur.

Celui-là sera pris tôt ou tard dans les mailles du filet, surtout s’il roule souvent et/ou beaucoup, parce que le permis à points est conçu pour cela.

Pour se justifier, pour se glorifier, les gouvernements disposent de l’arme absolue, le bourrage de crâne par des médias aux ordres, qui relayent et amplifient le message officiel : si je roule à 90km/h je suis sûr d’arriver ! Voilà ce que j’ai entendu venant d’un lobotomisé de la TV...

Pourquoi 90 plutôt que 80 ou 100, est-ce à la suite d’études sérieuses sur l’accidentologie ?!

L’ennui c’est que personne ne peut prendre cela au sérieux ; sauf évidemment l’omniprésence des radars qui rapportent un milliard d’euros (et des drames sociaux professionnels passés sous silence)

Quant à la suppression des panneaux précédant les radars fixes, sa conséquence première est de provoquer de violents freinages dus à la découverte subite des « chères » cabines.

En conclusion, j’aimerais saluer le principal initiateur de cette machine anti-permis, notre actuel président, qui vient de s’enticher de l’exemple allemand, de sa rigueur économique, de sa force budgétaire (c’eût été plus utile en 2007 !)

Sur cet élan, pourquoi ne pas envoyer outre-Rhin une commission parlementaire pour y apprendre comment ils font pour conjuguer de meilleures statistiques routières et une vitesse libre le plus souvent ?

Tant qu’à prendre exemple, ou à en rêver, pourquoi ne pas copier ce qui marche !

Le billet d’humeur de Philippe DESSEMOND de mars 2012

Neiges.

Fuyant le refroidissement climatique, nous avons émigré vers le sud, ignorant ce que disait J.Giono de la Provence : « un pays froid avec du soleil... »

Impossible d’y échapper, à 20kms au-dessus de Cannes les deux derniers hivers nous ont gratifiés de 30cm de neige...fraîche d’abord, gelée ensuite, et à -12°c les écureuils patinaient sur les piscines.

Les automobilistes avaient disparu.

Pendant deux jours j’ai profité des routes désertes, travaillé mes dérapages sur un parking abandonné, grâce à 4 pneus hiver.

Vieille habitude professionnelle, je restais mobile.

Cela m’a rappelé, il n’y a pas si longtemps, une descente du col de la République (Loire) enneigé.

Fort d’une Subaru à 4 roues motrices et de pneus adaptés, j’avais dépassé sur le plateau une voiture sans doute moins bien équipée. Son conducteur a-t-il été vexé ou stimulé, il décida de me suivre. Il ne s’agissait que de neige collante, lourde aux branches des sapins, mais franche d’adhérence, où les 90 km/h légaux paraissaient très raisonnables.

Les autochtones connaissaient le feu tricolore qui coupe le début de la descente vers St Etienne, qui a naturellement viré au rouge à notre arrivée.

J’ai freiné confortablement, confiant dans le grip de mes pneus. Et puis je voyais dans mon rétro le syndrome du suiveur qui calque son allure sur celle de la voiture qui le précède, et néglige ses propres repères.

Le « collègue » a dû freiner en voyant du rouge quelque part, je l’ai vu arriver roues bloquées glissant vers mon coffre, à quelques 30km/h, impuissant.

Heureusement il a eu le bon réflexe de se déporter à gauche pour me dépasser plutôt que de m’emboutir.

Il avait réalisé que des pneus « normaux » tolèrent la neige sur le plat, mais quand il s’agit de freiner, ne serait-ce qu’à 50km/h, la distance d’arrêt passe de 20 à ...70 mètres !!!

Un gouffre.

Voilà pourquoi les pneus hiver sont obligatoires en Allemagne, ce pays où ils ont tout juste.

Et encore, ce n’est rien à côté des pays scandinaves : examen de permis de conduire difficile, pneus cloutés, entraînement permanent, et on note un trafic étonnamment rapide malgré la neige gelée.

Ils sont habitués à corriger un petit dérapage ici et là, et ils aiment ça !

J’ai même vu une mère de famille se garer d’un coup de frein à main bien dosé ! Juste pour l’entraînement.

Dans mon village, pas de sel, pas de pneus idoines (une bonne marque !), pas d’habitude...les gens vont faire leurs courses à pied en tirant une luge.

Les rares écoliers présents ne sortent plus jouer dans la neige à la récré comme autrefois : ils pourraient glisser ou prendre froid, l’avocat ne serait pas loin...

L’obsession récente du principe de précaution nous a rendus frileux, aux deux sens du terme.

Cela me faisait penser aux sports que j’ai eu la chance de pratiquer à petit niveau, souvent grâce à des bénévoles bien dévoués : le football bien sûr (à Sainté !), le vélo, le tennis, un peu de boxe et un peu de cheval.

Point commun entre eux ?

  • apprentissage de la technique
  • entraînement, perfectionnement
  • d’où adresse, rapidité, plaisir

Le plus technique, le tennis, le plus ludique, le foot, le plus dur, la boxe, le plus mental, le vélo, le plus sensuel, le cheval.

Mais si on se demande quel est le sport d’adresse qui compte le plus de pratiquants « licenciés », il est évident que c’est la conduite d’une automobile.

La mode est, en France, d’assimiler l’automobile à une addiction sociologiquement regrettable dont il faut décourager l’usage : c’est individualiste (donc pas « citoyen ») cela épuise les nappes de pétrole (mais à quoi servaient-elles avant l’automobile ?) et cela ridiculise les transports en commun (que je déteste sauf avec ma femme...)

Le jour où l’on devra reconnaître que la conduite automobile est un sport d’adresse, assez comparable à la monte d’un cheval par exemple, on prendra la peine de l’enseigner sérieusement, comme on le fait pour n’importe quel loisir sportif.

Aucun skieur ne se lancerait sur une piste sans avoir pris des cours, appris à virer, à glisser, à freiner.

Au volant, qui nous a appris à freiner par exemple ?

Quelle école, à part sur circuit, enseigne le freinage d’urgence ? (si bien qu’on a dû inventer un système « amplificateur de freinage » qui enfonce brutalement la pédale à notre place...quelquefois hors de propos)

On voit clairement dans ce vide pédagogique, où se situe le « péché originel » derrière les slogans mensongers de prévention routière : la preuve ?

Certains agents ont le droit de commettre divers délits, au volant de leurs Subaru ou Mégane : pour eux, disparue la « violence routière », oubliés la mise en danger de la vie d’autrui , le « délit de grande vitesse ».

Par quelle aberration ? Voici la réponse, voici l’aveu : « ils ont été formés pour cela »

En voilà une bonne idée ! Voici où employer le fric des radars, messieurs les candidats à toutes les élections.

Le billet d’humeur de Philippe DESSEMOND d’avril 2012

Il en va des modes comme du reste : elles se démodent, s’en vont et puis reviennent...

« Que le printemps passe vite

hier j’étais encore enfant

le cœur tout neuf comme un printemps

et des rêves dans chaque crique… »

Un nommé Mouloudji chantait cela.

C’était il y a 50/60 ans.

La mode, je m’en souviens, était à distinguer ceux qui étaient bons conducteurs.

On prenait l’auto au sérieux en ce temps-là, on était fidèle à une marque (française) comme à une religion, on calculait sa moyenne, on parlait bagnole comme on fumait, partout.

On était LIBRE.

Plaisirs démodés, veut-on nous faire croire, bien des ayatollahs sont passés par là pour nous apprendre à vivre.

Côté politique, on se préparait à voter De Gaulle (what else ?), un certain Monsieur Pinay remettait en ordre les finances de la France, comme le ferait Raymond Barre un peu plus tard, avec l’idée simplette qu’il suffisait de ne pas dépenser plus qu’on avait.

Même les écoliers savaient lire, écrire et compter sans calculette.

Depuis, la modernité est passée par là...

Grâce à la TV, je me trouve saoulé de mots par les candidats à la présidence.

Plus de paroles que de vérités, me semble-t-il.

Au point que faute de ressentir quelque honnête conviction réaliste, je me résignerai peut-être à voter « blanc », si je n’avais peur qu’on me traite de raciste !

Donc voter c’est « citoyen » (terme très mode), mais voter pour qui ?

Mettre un roi sur le trône, certes.

S’il a ensuite le Parlement avec lui, il fera ce qu’il voudra dans la limite de ce qu’il pourra. S’il a le Parlement contre lui, eh bien Louis XVI a déjà vécu cela, il y a de quoi perdre la tête.

Alors qui ?

Affaire de croyance d’un côté, de réalisme de l’autre. J’aurais juste une petite idée, n’étant ni croyant ni joueur. Sauf qu’il me reste un détail en travers de la gorge : autant que citoyen je suis automobiliste.

En tant que tel, je me vois persécuté.

Voir mon pays condamné par la Cour Européenne parce que son gouvernement fait tout pour empêcher un citoyen de se défendre devant la justice contre les PV aussi automatisés qu’abusifs, ça me fait honte.

Quand le tout répressif tourne à l’obsession, qu’il mène à la mauvaise foi, j’y vois une forme de totalitarisme ( « système politique caractérisé par la soumission complète des existences individuelles à un ordre dictatorial » Larousse)

L’Etat devenu faible, a renoncé à faire condamner des comportements anti-sociaux qui le dépassent.

Il ferme les yeux, et tente de sauver la face en se retournant contre un nouveau délinquant fabriqué de toutes pièces, facile à coincer, à juger, facile à faire payer et plus encore à déconsidérer.

Il me semble de surcroit que voilà beaucoup d’ingratitude envers ce contribuable exemplaire qui fait tant pour ce pauvre Trésor Public par le biais de diverses TVA, taxes confiscatoires sur l’essence, le CO2, et amendes variées : c’est le maillon faible parmi les vaches à lait.

On en arrive même à enlever aux juges la faculté de juger, par le système de pénalisation automatique voulue et votée par le législateur.

Tout compte fait, plutôt que de déposer, sans conviction, mon bulletin dans l’urne le jour venu, il est possible que je me contente de l’envoyer à mon député, barré en rouge de la mention « radars » Comprenne qui voudra !

PS : à lire «  Les automobilistes politiquement incorrects » chez Albin Michel...pour ceux qui veulent comprendre.

le billet d’humeur de Philippe DESSEMOND de mai 2012

Karcher en panne, on sort le radar !

Au temps lointain où je poursuivais mes études, vers le milieu du siècle dernier, la mode était aux séjours linguistiques ; prémonition de l’Europe unie ?

On m’avait ainsi expédié en Angleterre, en Allemagne ; j’avais appris à lire les revues automobiles dans le texte, ce n’était pas du temps perdu !

Ayant gardé le contact avec la charmante famille allemande qui m’avait tant appris, je lui rendis visite récemment, au bord de la Baltique.

Aimant à étudier la psychologie routière, car elle en dit long sur l’état d’esprit d’une nation (voyez les Italiens au volant !) je décidais de me laisser conduire.

D’abord un taxi, une Opel plus très jeune, qui m’emmenait vers Hambourg à plus de 180 km/h.

Premier choc, mais en fait il faisait juste banalement son boulot.

Le lendemain, mon ami Walter et sa femme, leur petite-fille derrière avec moi dans la Golf, m’ont conduit vers un bon restaurant entre 160 et 200km/h, comme la plupart des autres conducteurs : pourquoi perdre bêtement son temps ?

Ce sont là-bas les allures normales du trafic, des voitures rapides nous dépassent, marchant sans doute autour de 220km/h.

Même pas besoin d’appels de phares, ça ne se fait pas : mettre un clignotant à gauche suffit, en cas de besoin.

De toute évidence chacun roule à la vitesse qui lui paraît raisonnable.

Y compris le chauffeur de notre président candidat, photographié à 200km/h dans la Citroën officielle, mais...en France !

On ne remarque en Allemagne aucune hécatombe, juste des statistiques plutôt meilleures !

J’ai raconté à Walter qu’en France, à une allure de chauffeur de taxi, je me serais retrouvé en garde à vue, permis retiré sans jugement, ma voiture « saisie » (volée) au profit de l’État.

Eh oui, me dit-il en levant sa chope, vous êtes des Gaulois écrasés par un État jacobin. Walter connaît bien l’Histoire : Gaulois se passe de commentaires, mais jacobin désigne l’autoritarisme d’un État fort. Et là, il n’en reste qu’une façade.

Incapable de faire régner l’ordre et la sécurité, résigné à tolérer des zones franches de non-droit où prospèrent divers trafics et sanglants règlements de comptes et où la police n’ose guère s’aventurer, bref ayant failli à sa première mission de service public, cet État affaibli tente désespérément de sauver la face, de faire croire à la force qu’il n’a plus.

Comment ? Par une machination cynique, une manipulation de l’opinion.

Fabriquer un nouveau type de délinquant facile à culpabiliser, à jeter à la vindicte publique, facile à coincer, à pressurer et surtout à faire payer.

Le délinquant routier était né !

L’État démontrait sa volonté de protéger les populations en danger !

Pour la traque de ce nouvel ennemi public n°1, mobilisation permanente des forces de l’ordre, équipements coûteux, sévérité imposée aux Procureurs, le tout en aidant à combler les nids de poules du Trésor Public.

Pure opération de communication, grâce au martèlement de médias aux ordres, fonctionnement en mode automatisé tenant autant que faire se peut la Justice à l’écart : un juge n’est-ce pas, est supposé indépendant ; où irions-nous !

Résultat, le 8 Mars 2012, la Cour Européenne des droits de l’Homme a condamné la France pour pratique illégale, une grande première peu glorieuse...

C’est pour cela que DEFENSE PERMIS.COM existe : rappeler l’État « de droit » à ses devoirs qu’il oublie.

Voilà pourquoi mon ami Walter pouvait se permettre le discret sourire de celui qui est du bon côté du Rhin !

PS :

Parmi les bonnes intentions qui nous pendent au nez, abaissement des vitesses, bridage des moteurs, boîte noire enregistreuse...

A quand l’inscription « rouler tue » sur chaque automobile ?

Ce sera à notre prochain député d’en décider.

A bon entendeur....

le billet d’humeur de Philippe DESSEMOND de juin 2012

Lorsque j’ai pris ma retraite, j’ai connu quelques jours de vague à l’âme. Plus d’horaires, plus de rendez-vous, de secrétaire, plus de ces déplacements en voiture que j’adorais pour visiter clients ou fournisseurs.

Mais aussi, plus d’associé, plus de déjeuners d’affaires, plus besoin de se lever à 6h pour pédaler ou lever de la fonte (seule recette pour se croire vingt ans de moins !)

Et surtout, plus besoin de circuler par autoroute pour gagner du temps, j’allais retrouver la vraie conduite automobile, sur les départementales plus ou moins montagneuses.

C’est en allant acheter le journal que le déclic s’est produit : trois « djeuns » tournaient autour de ma sonore Subaru. L’un d’eux me dit gentiment « attention m’sieur, ça doit pousser fort ! »

J’ai subodoré qu’il me voyait déjà un peu vieux pour exploiter le bolide...à 63 ans ! On est toujours le vieux de quelqu’un...

J’aurais aimé lui proposer un petit tour, ça se faisait autrefois, je l’ai fait autrefois. Mais le monde a changé : permis à points, jumelles radar, principe de précaution, procès pour un rien...On s’est contenté de parler quatre roues motrices, 300cv, échappement de voyou.

On s’est quitté très copains, magie de la bagnole sportive qui fait toujours rêver à travers les générations.

Et je me suis dit qu’il avait raison.

Je savais bien conduire, après 3 millions de kilomètres, mais pas plus.

Je suis retourné à l’école des circuits, enchaîné les stages, découvert qu’il me restait beaucoup à apprendre, que d’autres savaient tourner plus vite que moi sans se mettre en vrac.

Peu à peu j’ai appris le pilotage, sans devenir un vrai pilote : trop habitué à garder la marge de sécurité routière, le fusible de l’instinct de conservation lâchait un poil trop tôt (mais c’est lui qui m’avait permis de survivre sans le moindre accident)

Le sport automobile, c’est de la géométrie plus de la physique, c’est rigoureux.

J’avais détesté le mot et le statut de retraité, qui évoquent le retrait de la vie, l’idée de battre en retraite. C’est d’une nouvelle profession dont j’avais envie : autodidacte. Continuer à apprendre, dans tous les domaines qu’on aime, pour moi le temps d’écrire, de lire surtout : toute la connaissance humaine est là, chez les bons auteurs.

J’ai réalisé avec étonnement que ce que j’avais pris pour des violons d’Ingres n’était que des passions.

Délivré de perdre sa vie en croyant la gagner : ce troisième âge dont on nous rebat les oreilles (à combien a-t-on droit au juste ?), c’était la plus belle période de l’existence, devenu libre comme l’oiseau.

Les oiseaux du matin, dès la fenêtre ouverte sur le vert du jardin, ils piaillent leur joie de vivre comme les gosses à la récréation. La glycine embaume, elle est mauve, couverte de bourdons veloutés qui ne piquent pas, je regarde un vol d’hirondelles déchirer le ciel.

On voit bien qu’elles jouissent de l’extase de voler, que les autres ne connaissent pas, si libres, si vulnérables...

« Au clair de la lune, les oiseaux du ciel, n’ont pas de fortune, ni ruche ni miel, ils déploient leurs ailes, ivres dans l’azur » C. Trénet

Avez-vous déjà vu des oiseaux se télescoper ? Non, bien sûr, à l’aise dans leur vitesse, leurs trajectoires sont sûres et gracieuses.

Je me suis parfois senti oiseau, au volant, à l’aise à « ma vitesse », en apesanteur de l’existence, seul et injoignable, l’esprit libre et occupé à la fois, juste dans mon élément naturel.

C’était avant la glaciation.

Depuis, la chasse est ouverte toute l’année. On tire à tout va, par derrière le plus souvent. Comme sur les oiseaux.

Mais avec l’âge on ne croit plus aux slogans simplistes.

On fait ce qu’on a à faire, même si on ne sait pas toujours ce qu’on fait « ce que je demande à la vitesse c’est de m’envoyer en avant de moi-même » P. Morand

D’autres le pensent aussi.

Voici peu, attaquant les premiers lacets d’un col que je fréquente, ma copilote conjugale repère, deux virages plus haut, une patrouille de six gendarmes motocyclistes à l’entraînement. Ils se faisaient plaisir à accélérer fort, à se coucher dans les virages, à freiner tard.

Je les ai suivis à bonne distance, par discrétion bien sûr.

Il ne faut pas déranger les oiseaux !

Le billet d’humeur de Philippe DESSEMOND de juillet 2012

Des mirages !

Le candidat Hollande, interpellé sur la politique routière, se déclarait (par écrit) hostile au tout répressif en vigueur.

Lui président, s’en souviendra-t-il ?

Le chantier est vaste, car c’est l’état d’esprit qui est en cause, pollué par le frileux principe de précaution, antidote de tout progrès.

Celui qui impose des barricades autour des piscines plutôt que l’apprentissage obligatoire de la natation.

Apprentissage et entraînement sont les bases indispensables à toute activité humaine, physique ou intellectuelle : or, la conduite fait appel à ces deux critères conjointement.

Et c’est là que le débat est faussé !

Par laisser-aller, cynisme, démagogie, on en est venu à traiter le permis de conduire comme une nécessité sociologique sous-traitée à minima, sanctionnée par une autorisation administrative délivrée sur un simple bachotage (préparation spécifique à un concours dans le seul but d’être reçu)

Conséquence, on va bien vite reprendre d’une main ce qu’on a vendu de l’autre, grâce à un barème de points bête et méchant ; sans oublier de rendre également payante et culpabilisante l’annulation de ce simili-diplôme.

Le piano n’est pas une activité bien risquée, et on admet que chacun ne sache pas en jouer, mais on lance sur les routes des débutants sans leur enseigner les fondamentaux : l’utilisation du regard, l’anticipation de chaque instant, le freinage d’urgence, la correction d’un dérapage sur chaussée glissante...

Et que l’un des secrets d’un bon conducteur n’est autre que...le pessimisme : ne jamais supposer que les autres vont faire ce qu’ils devraient, et donc se garder une marge.

Tout cela s’apprend et se perfectionne.

D’abord par la conduite accompagnée, quand l’accompagnateur est lui-même compétent (et résistant au stress !)

Ensuite, il existe assez de circuits et de moniteurs pour découvrir qu’une auto en mouvement obéit aux lois de la physique : les aptitudes de l’être humain à l’améliorer sont considérables.

Vous, président, pourriez prendre ce problème au sérieux, consulter d’authentiques spécialistes qui travaillent déjà là-dessus (Beltoise, Darniche etc..), révolutionner la formation au permis, utiliser une part des 600 millions d’euros venant des PV plutôt que d’acquérir toujours plus de radars.

Je vois bien qu’il serait tentant de ne rien faire, d’encaisser discrètement les revenus, voire d’aggraver les pièges existants pour confirmer le statut de délinquant présumé à chaque conducteur, ce malfaiteur recherché qui « court toujours ».

Mais est-ce bien « normal », M. le président, de continuer l’œuvre de votre prédécesseur, de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, la lenteur pour de la sécurité, une maladresse pour de la délinquance ?

L’un de vos prédécesseurs, plutôt que de se dire normal, n’était que Normalien. Conduisant lui-même, il avait pu observer que « ce n’est pas la vitesse qui tue, c’est la maladresse »

Quarante ans plus tard, cette vérité élémentaire est toujours valable : les faits sont têtus !

Mais aujourd’hui M. Pompidou est allemand, ce qui ne semble pas être votre tasse de thé...

Vous aviez pourtant un slogan, « le changement c’est maintenant » : c’est l’occasion de l’appliquer à cette grande cause nationale avec courage et audace, plutôt que de s’accrocher à de vieilles recettes éculées.

Mais j’entrevois une vague silhouette à l’horizon, serait-ce vous, M. le président ?

Pourtant, ce n’est pas une silhouette normale, je crois distinguer des palmiers, un chameau...est-ce un mirage, ou plutôt que je prêchais dans le désert, pauvre de moi, pauvres de nous ?

Le billet d’humeur de Philippe DESSEMOND d’août 2012

Cafards...

Dans les cours de récréation de mon enfance, il y avait toujours quelqu’un qu’on traitait de « cafard ».

Toujours prêt à se poser en victime, à dénoncer.

Ces très anciens souvenirs me revenaient à la mémoire en écoutant le nouveau gouvernement mettre en accusation devant l’opinion publique un constructeur automobile.

Se donnant le beau rôle du moralisateur indigné, passant pudiquement sous silence l’écrasante responsabilité des Pouvoirs Publics dans l’affaiblissement de l’industrie automobile française.

Quoi qu’en pensent, ou feignent de croire, gouvernants (et syndicats), la finalité d’une Entreprise n’est pas de garantir du travail, malheureusement.

Au départ, il y a un individu qui choisit de risquer ses économies pour lancer la fabrication d’un produit, pour espérer le vendre à des clients. In fine, les deux éléments indispensables sont donc le produit proposé, et le client qui l’achètera.

Et s’il n’y a pas assez de clients, l’usine ne peut pas survivre, c’est aussi simple que cela.

Peugeot ne manque pas de « civisme », Peugeot manque de clients. Pourquoi ? Deux raisons à cela : produit mal adapté, et contexte hostile.

Les constructeurs français ne proposent aucun modèle de haut de gamme, seuls à réunir deux atouts économiques déterminants : ils rapportent une marge bénéficiaire bien plus importante, et ils sont demandés sur les immenses nouveaux marchés.

Leur prestige retombe sur les modèles plus modestes fabriqués par le même constructeur, et cette réputation d’excellence aide donc à les vendre (plus et plus cher)

Or en France, on ne produit que des voitures petites ou moyennes, et ces modèles, faute d’être valorisés par de prestigieux hauts de gamme, peinent à convaincre.

D’où vient cette absence au sommet ?

De notre classe politique, qui a œuvré avec persévérance et aveuglement pour affaiblir l’industrie nationale.

L’imposition par M. Ramadier (PS) de la supervignette, la taxation excessive de la cylindrée, ont tué nos marques de prestige : Bugatti, Talbot, Delage, Delahaye, Facel, laissant le champ libre aux industries étrangères.

Plus tard, limitations de vitesse, transformation du conducteur en délinquant (M. Gayssot, PC) instauration d’un permis à points volatils, tous ont contribué à désintéresser les Français de l’automobile, à créer une atmosphère autophobe.

Jadis, les Français aimaient la « bagnole ». ils discutaient avec passion des mérites respectifs de leur marque, à laquelle ils restaient fidèles parfois plus qu’à leur conjoint, achetaient le nouveau modèle les yeux fermés.

C’était du temps où les forces de l’ordre n’avaient pas obligation d’atteindre un seuil minimal de PV, et avaient encore la latitude d’exercer leur propre jugement sur le terrain.

Je me rappelle de mon père proposant à un gendarme un petit tour dans sa Citroën 15cv pour lui faire constater la puissance du freinage ! (le militaire en fût d’ailleurs convaincu, d’autant qu’il avait bien vu que la route était déserte...)Aujourd’hui, cette atmosphère bon-enfant a disparu. On vous photographie par derrière, une énorme machinerie automatisée se charge de vous faire payer et de retirer les points à tout-va.

Il suffit de regarder outre-Rhin, où le conducteur est traité en adulte responsable de son allure, pour constater qu’on n’a pas à fermer d’usines là-bas, car elles sont prospères, tout le contexte étant favorable.

Et les rodomontades politiciennes d’aujourd’hui peinent à masquer les erreurs d’hier, et n’indiquent aucune intention de les comprendre ou de les corriger.

PS : la production de Peugeot se fait à 40% en France, celle de Renault à seulement 20%. Et pourtant, c’est chez Renault que l’État est actionnaire ; cherchez l’erreur !

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